Au commencement, la gratitude

Au commencement, la gratitude

par Olivier ABEL, philosophe et professeur d’éthique à l’Institut protestant de théologie de Paris.
Le parcours de la reconnaissance de Paul Ricœur s’achève dans l’agapè et la reconnaissance mutuelle. Le moment théologique culminant de la gratitude n’est pas l’exception sublime, mais la condition ordinaire de toute existence : tout commence par l’asymétrie radicale de la grâce, et rendre grâce est au principe de toute reconnaissance.

Éduquer à la reconnaissance

Éduquer à la reconnaissance

par Marguerite LÉNA, de la communauté apostolique Saint-François-Xavier, auteur de Patience de l’avenir. Petite philosophie théologale (Lessius 2012).
Comment éduquer à la reconnaissance ? Quelle fantaisie – ou quelle sagesse cachée – fait appeler d’un même mot l’acte de mémoire et l’acte de gratitude, le geste d’exploration d’une terre inconnue et le geste d’identification d’un visage bien connu ?

François d’Assise, un saint pour le XXIe siècle ?

François d’Assise, un saint pour le XXIe siècle ?

par Bernard FORTHOMME, franciscain, professeur de théologie aux Facultés Jésuites de Paris (Centre Sèvres). Auteur de Théologie de l’Aventure, CERF, Paris, 2013.
En quoi le nom de François nous provoque-t-il aujourd’hui, alors que l’évêque de Rome vient de choisir ce nom ? Nous évoquerons la question de l’évangélisation à partir des pauvres, avec les enjeux d’une parole libre et courageuse, de la fraternité élargie et audacieuse, et d’un renouvellement de nos relations compromises avec la création, pour une vérité ouverte face au relativisme délitant le lien social. Une nouvelle réflexion théologique plus attentive à la sagesse inspirée par l’Esprit.

La lutte pour la reconnaissance

La lutte pour la reconnaissance

par Pascal DAVID, dominicain, professeur de philosophie au lycée Saint-Thomas-d’Aquin (Mornant) et au Collège supérieur (Lyon).
Pourquoi avons-nous tant besoin d’être reconnus par les autres pour avoir le sentiment que notre vie a de la valeur ? Comment cette expérience de la reconnaissance et de ses échecs permet-elle de lutter pour changer la société ?

Le corps en procès. Sens et contre-sens du corps dans le transhumanisme

Le corps en procès. Sens et contre-sens du corps dans le transhumanisme

par Pascal MARIN, dominicain, maître de conférence à la faculté de philosophie de l’Université Catholique de Lyon. Véritable mythe contemporain qui passionne et programme scientifique du futur, le transhumanisme place le corps au centre d’un violent procès. Du corps nous viendraient tous les maux : échecs, limitations, maladies, mort. La science et la technique sont requises à le perfectionner, l’augmenter voire même le remplacer. Les idéaux transhumanistes suscitent l’espoir ou l’effroi, et obligent pour le moins à se demander : Qu’est-ce que le corps jusque dans sa vulnérabilité ? Est-il obstacle à l’esprit ou sa condition de possibilité ?

Le Pape François, une compréhension renouvelée de la Papauté ?

Le Pape François, une compréhension renouvelée de la Papauté ?

par Hervé LEGRAND, dominicain, professeur honoraire à l’Institut catholique de Paris, ecclésiologue et œcuméniste.
Lors de son élection, le Pape François s’est présenté d’abord comme évêque de Rome et du peuple de cette Église, et non comme celui qui doit gouverner l’Église universelle, se voulant plutôt le serviteur de la communion des Églises. Il semble donc, en priorité, vouloir revitaliser les élans conciliaires donnés à la collégialité, à l’œcuménisme, à la réforme de la Curie. Et tout autant décentrer l’Église d’elle-même et la rendre plus proche des autres, surtout des pauvres. Un an plus tard, ces orientations se sont-elles enrichies, modifiées, confirmées ?

L’Égypte dans la transition politique : chrétiens et musulmans au défi de la citoyenneté

L’Égypte dans la transition politique : chrétiens et musulmans au défi de la citoyenneté

par Jean-Jacques PÉRENNÈS, dominicain, qui vit dans le monde arabe depuis 25 ans. Directeur de l’institut dominicain d’études orientales.
Depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011 et l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans en 2012, l’Égypte vit une transition politique difficile. Il n’est pas surprenant qu’après 40 ans de régime autoritaire, un peuple, encore illettré à 40 %, peine à inventer une nouvelle manière de gérer un pays où les défis économiques, sociaux, culturels et environnementaux sont énormes. Une des clefs de l’invention d’un avenir démocratique est un apprentissage réel de la citoyenneté. Celle-ci est souvent battue en brèche par des identités religieuses très fortes.

L’engagement des chrétiens dans la construction européenne

L’engagement des chrétiens dans la construction européenne

par Johanna TOUZEL, porte-parole de la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne, depuis 2006. Rédactrice en chef de la revue mensuelle Europe-infos publiée par la COMECE et les Jésuites européens (JESC).
Solidarité, liberté, bien commun, réconciliation : les principes fondateurs de la Construction européenne sont chrétiens. D’ailleurs, les Pères fondateurs de l’Union européenne sont des chrétiens : Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi. L’Union européenne est un succès de Paix, de prospérité sans précédent dans l’histoire millénaire de ce continent. Or les européens, et en particulier les chrétiens, semblent ce désintéresser de ce projet, alors qu’il est la fortification la plus solide pour protéger les européens d’une mondialisation inéluctable et des grands défis énergétiques et climatiques qui menacent notre planète.

Réapprendre à penser l’approche de la mort

Réapprendre à penser l’approche de la mort

par Laure MARMILLOUD, infirmière depuis plusieurs années en soins palliatifs. Elle exerce actuellement en équipe mobile de soins palliatifs. Elle s’est formée en philosophie et partage son temps entre activité clinique et interventions dans le champ de l’éthique du soin. La mort comme telle n’est plus collectivement pensée, on s’écarte de sa provocation commune et l’on tend à la traiter à partir du seul registre des lois, des procédures, des protocoles. Cette pauvreté de parole et de mise en sens est à interroger si nous voulons réellement progresser dans l’accompagnement des personnes en fin de vie.

Reconnaissance et pathologie de la mémoire

Reconnaissance et pathologie de la mémoire

par Pierre CHARAZAC, médecin psycho gériatre, psychanalyste, auteur de Soigner la maladie d’Alzheimer.
Quand la personne perd la capacité de reconnaître ses proches, en raison des progrès de la maladie, son sentiment d’identité s’altère. Pour rester en relation, il faudra aux soignants et aux proches s’efforcer de s’identifier à elle, dans une forme de reconnaissance éprouvante qui leur apprend à se connaître.

Vers de nouvelles formes d’eugénisme ?

Vers de nouvelles formes d’eugénisme ?

par Damien SANLAVILLE, professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1, praticien hospitalier en génétique, responsable du Laboratoire de Cytogénétique Constitutionnelle du CHU de Lyon et par Michel DEMAISON, dominicain, théologien, spécialité éthique biomédicale.
Les sciences et les techniques du vivant sont de plus en plus performantes, elles s’appliquent désormais directement à la vie humaine. Elles suscitent des demandes insistantes pour que les enfants qui viennent au monde soient « normaux ». Le droit tente d’encadrer, souvent après-coup, l’évolution des pratiques. Quelles sont actuellement les capacités de la biomédecine et les lois en la matière ? Quelles questions éthiques soulèvent-elles ? Peut-on parler d’un eugénisme qui se présenterait sous des formes devenues maintenant acceptables ?